L’as japonais Finger prêt à relever le défi du Pacific Classic
À 0h03, le 22 août 2026 • Par Jasmine Torrez, Del Mar Thoroughbred Club/Traduit par Laurent Sauvé
Tout est en place pour la 36e édition de la course la plus riche de l’Ouest, le Pacific Classic (Grade 1), doté d’une bourse de 1 million de dollars. Parmi les 11 participants, Finger, un fils de trois ans de Gun Runner qui a déjà remporté les deux premières étapes de la Triple Couronne japonaise sur terre battue, a traversé le Pacifique pour prendre part à l’épreuve. Ayant disputé toutes ses courses au Japon jusqu’à maintenant, Finger s’apprête à affronter la concurrence locale et à poursuivre sa campagne de trois ans aux États-Unis.
Bien que Finger soit né et ait couru au Japon, son pedigree possède de solides racines américaines. Sa mère, Estilo Talentoso, a remporté une épreuve de Grade 3 et s’est classée à deux reprises dans des épreuves de Grade 1 aux États-Unis avant d’être achetée par des intérêts japonais pour 600 000 $ lors de la vente Fasig-Tipton de novembre 2021.
Entraîné par Hiroyasu Tanaka et monté par le jockey Keita Tosaki, Finger a commencé son ascension dans les rangs japonais par une éclatante victoire par 9½ longueurs dans une course pour chevaux n’ayant jamais gagné. À peine deux semaines et demie plus tard, il était de retour à l’hippodrome de Funabashi, dans la préfecture de Chiba, pour la Bluebird Cup (Grade 3), où il a dominé ses rivaux par 1½ longueur sur une distance de 1 800 mètres, soit environ 1 1/8 mille selon les mesures américaines.
La Bluebird Cup sert d’épreuve préparatoire officielle au Haneda Hai et assure au gagnant une place dans la prochaine étape de la Triple Couronne japonaise sur terre battue. Le parcours de Finger n’allait toutefois pas être sans embûches. Il a terminé deuxième dans le Keihin Hai à l’hippodrome d’Oi après avoir semblé rater son départ alors qu’il avait la première position, ce qui l’a empêché de rejoindre son rival Rock Ptarmigan dans la ligne droite.
Les deux rivaux allaient se retrouver dans le Haneda Hai, mais cette fois, Finger a eu le dessus. Sa victoire lui a permis d’accéder au Tokyo Derby, où il devait relever le défi d’une distance accrue de 2 000 mètres, soit environ 1 1/4 mille. Finger a répondu de façon impressionnante. Rapidement installé en tête, il a contrôlé la course de bout en bout sans jamais être rejoint, remportant le Tokyo Derby par 1¼ longueur et s’adjugeant ainsi la deuxième étape de la Triple Couronne japonaise sur terre battue.
Alors que le Japan Dirt Classic est toujours à venir en octobre, Tanaka et l’entourage du poulain devaient prendre une décision : poursuivre sur le chemin habituel en vue d’un possible balayage de la Triple Couronne au Japon ou relever un nouveau défi à l’étranger.
Ils ont choisi la deuxième option.
« La façon dont il a gagné la Bluebird Cup nous a donné beaucoup de confiance pour tenter notre chance à un niveau supérieur, a déclaré Tanaka. Sa meilleure performance, je dirais que c’est sa plus récente course, le Tokyo Derby. Il a pu obtenir une bonne position rapidement, prendre les devants et conserver la tête jusqu’au fil d’arrivée. »
Plutôt que d’attendre le Japan Dirt Classic d’octobre, l’entourage de Finger a commencé à regarder du côté des États-Unis et du Pacific Classic à Del Mar, offrant ainsi au poulain l’occasion de se mesurer à un peloton international et d’amorcer un nouveau chapitre de sa saison de trois ans.
« J’ai visité Del Mar pour la première fois en 2023 et amener un jour l’un de mes chevaux y courir était devenu l’un de mes objectifs, a expliqué Tanaka. J’ai pu réaliser cet objectif dans une certaine mesure lorsque Rousham Park a participé au Breeders’ Cup Turf il y a deux ans [terminant deuxième], mais le Pacific Classic est la course emblématique la plus importante de Del Mar pendant son meeting régulier. Nous recevions également des invitations depuis le début du printemps, alors j’ai progressivement commencé à envisager sérieusement d’y participer. »
La préparation de Finger en vue de ses débuts aux États-Unis s’est poursuivie au centre d’entraînement de Miho, au Japon, sous la supervision de l’entraîneur adjoint Toshihiko Hokari, un ancien jockey.
Son dernier entraînement a eu lieu le 13 août, alors qu’il a travaillé en compagnie d’un autre cheval et parcouru six furlongs en 1:23.20. La cavalière d’exercice Akiko Yamazaki s’est montrée satisfaite de ce qu’elle a observé.
« Il est capable d’avancer sans avoir besoin d’être beaucoup sollicité, alors je pense qu’il est dans un très bon état d’esprit », a déclaré Yamazaki.
Finger devait quitter le Japon le lendemain et son équipe rapportait que le poulain semblait être dans une forme encore meilleure qu’avant sa victoire dans le Tokyo Derby.
« Je pense qu’il entreprend ce voyage dans un excellent état d’esprit et en très grande forme », a ajouté Yamazaki.
À son arrivée à l’hippodrome situé en bord de mer, Finger s’est installé dans ce qui allait être son domicile pour la semaine suivante, où il a été examiné et nourri. Un membre de l’écurie a souligné que le voyage n’avait aucunement affecté son appétit : « Il a terminé ses repas très rapidement. »
Sa cavalière d’exercice a pour sa part lancé à la blague : « Il aime peut-être davantage ses repas américains que ses repas japonais. Ce doit être son côté américain qui ressort! »
Le Pacific Classic de cette année a attiré un peloton à la fois relevé et rapide. Finger affrontera notamment des visiteurs de l’Est qui aiment imposer le rythme, dont Navajo Warrior et Forged Steel, de l’écurie de Saffie Joseph Jr., ainsi que Knightsbridge, entraîné par Bill Mott. Au Japon, l’équipe de Finger s’est particulièrement appliquée à corriger sa difficulté à terminer ses courses lorsqu’il lance son attaque après avoir évolué derrière les meneurs.
« La plus grande force de Finger est son endurance, ainsi que sa capacité à trouver une vitesse supplémentaire même après avoir couru en tête, a expliqué Tanaka. Nous avons discuté avec son jockey, Keita Tosaki, de la façon de tirer profit de cette qualité en le plaçant parmi les chevaux de tête. »
Pour Finger, le Pacific Classic représente beaucoup plus que sa première course aux États-Unis. C’est l’occasion de se mesurer à certains des meilleurs chevaux sur terre battue de l’Ouest et, possiblement, de décrocher une qualification automatique pour le Breeders’ Cup Classic.
La 36e édition du Pacific Classic (Grade 1), doté d’une bourse de 1 million de dollars, sera présentée comme 10e épreuve d’un programme de 11 courses. Le départ est prévu vers 21 h 45.
