Mark MacDonald rentre à la maison
À 0h03, le 17 février 2026 • Par Trot Insider, Standardbred Canada/Traduction Laurent Sauvé
Après ce qu’il décrit comme une situation de mort imminente, le conducteur Mark MacDonald a remis sa santé en ordre et vise désormais clairement un retour à la compétition dans son pays natal.
MacDonald, aujourd’hui âgé de 47 ans, s’est imposé comme l’un des meilleurs conducteurs du monde des courses attelées, remportant coup sur coup les prix O’Brien du Conducteur de l’année au Canada en 2005 et 2006. Il semble difficile de croire que cela remonte à 20 ans lorsqu’on se souvient que le natif de l’Île-du-Prince-Édouard a remporté 739 courses en une seule saison, établissant ainsi un nouveau record canadien. Pourtant, un simple coup d’œil aur le calendrier confirme que le temps a bien passé.
Après avoir déménagé aux États-Unis il y a environ 15 ans, MacDonald a confié à Trot Insider qu’il prévoit revenir en Ontario pour compétitionner à Woodbine Mohawk.
Et selon ses propres dires, ce retour est imminent.
Cependant, si cette affirmation évoque un sentiment de déjà-vu, c’est compréhensible.
En novembre 2024, MacDonald avait indiqué à Standardbred Canada qu’un retour aux courses au Canada en 2025 n’était pas exclu. Il déclarait alors : « Je suis partagé, mais je penche peut-être vers un retour à Mohawk. Je ne sais pas ce que je pourrais obtenir, mais c’est ce que j’envisage en ce moment. Mais d’abord, j’essaie simplement de retrouver la santé. »
Cette dernière phrase est évidemment la plus importante. Et même MacDonald — qui a survécu à plusieurs accidents graves et longues convalescences — n’aurait pu imaginer le parcours semé d’embûches qu’il allait devoir traverser et surmonter au cours de l’année suivante.
« Ça a commencé l’année précédente, pour être honnête », raconte MacDonald en référence à son accident de 2024. « Je me suis fracturé le dos et quelques côtes. Ce n’était pas la fin du monde, mais ça a tout déclenché. On m’a injecté un produit de contraste pour l’IRM afin de mieux voir mon dos. J’ai fait une légère réaction. Ils ont dû refaire l’examen et surveillaient ma fonction rénale. Mes reins allaient bien. Ils voulaient me donner le feu vert pour retourner conduire, parce qu’on parle quand même de blessures à la colonne. J’avais trois fractures des apophyses transverses lombaires et une fracture qui aurait pu atteindre la moelle épinière. Ils ont refait le test, j’ai passé l’IRM, et tout semblait correct. Mais je ne me sentais pas bien. »
MacDonald est revenu en piste en avril à Yonkers Raceway. Il conduisait et compétitionnait, mais sans être totalement lui-même.
« Je suis revenu aux courses et ça allait, mais mes reins ne fonctionnaient pas à 100 %. Ma pression artérielle était constamment élevée. On voulait me prescrire une faible dose de médicament pour la tension », explique-t-il, cherchant une solution à son malaise tout en restant sceptique.
Deux mois seulement après son retour, MacDonald a été impliqué dans un autre accident à Yonkers le 19 juin. Moins grave que celui d’octobre 2024, mais suffisant pour le tenir à l’écart pendant deux semaines. Il est revenu à la compétition le 3 juillet et a poursuivi jusqu’à la mi-octobre.
C’est là que les choses se sont arrêtées. Quatre mois se sont écoulés — une éternité pour lui.
« Ce qui s’est passé, c’est que je me suis fracturé la main », dit-il en parlant de la chute de juin 2025. « Sur le coup, je ne le savais pas. Ça ressemblait juste à un énorme hématome à la hanche gauche. Tout avait enflé et viré au violet. Deux semaines plus tard, on m’a dit que je pouvais reprendre les courses. L’hématome avait diminué. La fracture fine à la main s’était refermée. Ma force n’était pas parfaite, mais ce n’était pas dramatique. Je m’étais déjà gravement cassé le poignet étant enfant. Ce n’était pas la fin du monde. Mais à mon retour, je sentais que je n’avais pas la même force dans la main droite et — pour une raison quelconque — ma pression artérielle restait anormale. »
« L’été avançait et je n’allais pas très bien. Je ne me sentais pas bien tout le temps. Je dormais mal. Mes reins me dérangeaient un peu. Et cet hématome à la jambe gauche est revenu. Normalement, quand un hématome disparaît, il disparaît. Là, il est revenu comme si l’accident venait d’arriver. »
Avec une pression artérielle toujours élevée qui s’ajoutait à ses problèmes, il a subi de nouveaux examens médicaux.
« Ils ne savaient pas. Ils pensaient que la douleur à la jambe venait peut-être de mon dos. Ils ont vérifié mes reins et voulaient refaire un test avec colorant nucléaire. C’était la troisième fois. Et les deux premières fois, je n’avais pas bien réagi. Ils ont vérifié mon dos — ce n’était pas ça. Ils pensaient que c’était simplement l’hématome. »
En septembre, avant les finales des New York Sire Stakes, il se sentait extrêmement mal.
« Je ne me sentais pas bien du tout. J’ai passé les finales, mais j’ai connu une année terrible. Je dormais mal. Puis j’ai commencé à avoir mal tout le temps. J’urinais constamment — jusqu’à 25 fois par nuit. Je ne dormais plus, et ma pression empirait. »
Craignant un caillot sanguin, les médecins ont proposé d’autres tests, incluant encore un colorant nucléaire.
« J’avais des taux élevés de créatinine et de protéines dans les reins », explique-t-il. Des niveaux élevés de créatinine peuvent indiquer que les reins ne filtrent pas correctement les déchets. Ses inquiétudes ont d’abord été minimisées.
« Après le test, ils ont découvert que lors de l’accident de 2025 à Yonkers, je m’étais fracturé le fémur. Donc ce n’était pas un hématome revenu — je marchais avec une jambe cassée. »
Soulagé d’avoir enfin une réponse partielle, il est rentré chez lui. Mais sa santé générale demeurait préoccupante. En octobre, des analyses sanguines ont révélé une insuffisance rénale : ses reins ne fonctionnaient qu’à environ 15 %.
« Le médecin m’a dit que j’avais fait une réaction au colorant de l’IRM et que je devais arrêter immédiatement les médicaments pour la tension. Le problème, c’est que j’avais de l’hypertension, et les médicaments abîmaient mes reins. »
Confus et inquiet, MacDonald et son épouse Alea se sont rendus à l’hôpital, où il est resté huit jours — des jours qui auraient pu être ses derniers.
« Ils devaient me surveiller pendant l’arrêt des médicaments et voir si mes reins pouvaient récupérer. Le deuxième jour, j’ai eu l’impression de sombrer. Je ne voulais pas inquiéter ma famille, mais j’ai dit à ma femme que si ça empirait, elle devrait appeler tout le monde. »
Il admet avoir frôlé la mort à deux reprises : une première fois lors d’un terrible accident en 2003 à Western Fair, et une seconde fois en octobre dernier.
Il compare la sensation à celle de se noyer, incapable de respirer ou de contrôler son destin.
« Je ne voulais pas mourir, mais ce n’était plus entre mes mains… Quand les reins ne fonctionnent plus et que la tension est élevée, on peut faire un AVC et mourir. »
Après cinq jours, il a pu se lever. Trois jours plus tard, il est rentré chez lui avec des consignes strictes : repos total et huit verres d’eau par jour — ni plus ni moins — ainsi qu’un tensiomètre pour surveiller sa pression.
En décembre, il a commencé à se sentir mieux.
« Par la grâce de Dieu, mes reins se sont remis à fonctionner parfaitement. La créatinine est revenue à la normale, le potassium s’est stabilisé, et je n’étais plus en danger. On m’a autorisé à recommencer l’entraînement. »
Depuis cinq semaines, il s’entraîne de nouveau.
« J’ai littéralement l’impression d’avoir 25 ans. Je me sens formidable. À un moment donné, la mort était vraiment une possibilité. C’était très effrayant. Je suis extrêmement reconnaissant envers ma femme. Nous avons une fille de six ans, Kiara. Nous étions seuls là-bas, sans soutien. Nous nous appuyons beaucoup l’un sur l’autre. »
Le retour en Ontario envisagé en 2024 pour 2025 est désormais prévu pour 2026.
« Je suis tellement excité de rentrer à la maison. J’adore courir à Mohawk. Toute ma famille est là. J’ai remporté la plupart des grandes courses au Canada. L’an dernier, j’ai passé l’été soit au volant de ma voiture, soit aux urgences. »
S’il a quitté le Canada pour courir aux États-Unis au bon moment, aujourd’hui son cœur lui dit de revenir.
« Les courses à Mohawk sont les meilleures au monde. J’aimerais vraiment en faire partie de nouveau. On dirait qu’on m’a insufflé une nouvelle vie.
« Pouvoir être ici, guéri mentalement et physiquement, et avoir une nouvelle chance de rentrer chez moi pour courir, ça m’enthousiasme énormément. »
MacDonald est aussi conscient de la compétitivité du circuit. Les neuf derniers lauréats du titre de Conducteur de l’année au Canada — James MacDonald, Bob McClure, Doug McNair et Louis-Philippe Roy — courent régulièrement à Woodbine Mohawk. Son propre palmarès affiche 6 743 victoires en carrière et plus de 116 millions de dollars en bourses.
« Je vais simplement me présenter et espérer que ça fonctionne. C’est compétitif. Très compétitif. Mais si je suis à 100 % et que je me présente, je vais rendre ça encore plus compétitif. »
« J’ai l’impression de ne pas avoir travaillé depuis un an et demi. Alors je vais travailler d’arrache-pied. »
Selon MacDonald, son retour en Ontario pourrait se concrétiser dès la fin février.
« Je pense être prêt vers la fin du mois. »
Texte original (en anglais) : Mark MacDonald Is Coming Home
