Un parcours après sa carrière de conducteur déterminant pour l’obtention de l’une des plus hautes distinctions des courses attelées
À 0h02, le 22 février 2026 • Par Dave Briggs, Ontario Racing/Traduction Laurent Sauvé
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles l’industrie ontarienne du trot attelé devrait se réjouir que Bill O’Donnell ait renoncé définitivement à sa place à l’école d’électriciens lorsqu’il était jeune – ne serait-ce que parce qu’il est toujours en vie.
« Me connaissant, je serais mort depuis longtemps, a lancé O’Donnell en riant. Je me serais électrocuté. »
Au lieu de cela, O’Donnell, qui aura 78 ans en mai, a pris un détour permanent vers l’industrie des courses attelé, au plus grand bénéfice du sport.
Il a joué un rôle déterminant dans l’avènement de l’ère des conducteurs de relève, est devenu l’un des plus grands conducteurs de l’histoire, a été la première personne à dépasser les 10 millions de dollars en bourses en une seule année (1985) et est maintenant intronisé dans plusieurs temples de la renommée, dont le Canadian Horse Racing Hall of Fame, le Canada’s Sports Hall of Fame, le U.S. Harness Racing Hall of Fame et le Nova Scotia Sports Hall of Fame, dans sa province natale.
Mais c’est son travail après sa carrière active – comme cofondateur et unique président de la Central Ontario Standardbred Association (COSA) – qui lui a valu sa plus récente distinction : le Stan Bergstein-Proximity Award de la United States Harness Writers Association (USHWA), qui sera remis dimanche (22 février) lors des Dan Patch Awards à Orlando, en Floride. Il s’agit de la plus haute distinction de l’USHWA, votée exclusivement par ses membres.
La COSA, qu’O’Donnell a contribué à fonder en 2009, représente les gens de chevaux du trot attelé des 12 hippodromes Standardbred de l’Ontario. Durant les 17 années de mandat d’O’Donnell, la paix syndicale a été maintenue avec le Woodbine Entertainment Group (WEG), qui exploite les courses dans la province.
« J’admire vraiment (O’Donnell) pour tout ce qu’il a fait pour les gens de chevaux en Ontario, a déclaré John Campbell, président et chef de la direction de la Hambletonian Society, ami de longue date et ancien rival en courses d’O’Donnell. C’est un travail ingrat. »
« (Maintenir la paix syndicale), c’est bon pour les affaires des deux côtés. Les courses attelées ne négocie pas en position de force en ce moment. Tout conflit interne nuit à ce que nous tentons de faire pour aller de l’avant – offrir le meilleur produit possible et le présenter sous son meilleur jour. La pire chose serait d’avoir des querelles internes en ce moment, peu importe la juridiction. »
« Ce n’est pas que Bill ne défende pas ce qu’il croit juste. Mais plutôt que d’affronter les gens, il préfère travailler avec eux pour trouver une solution bénéfique pour les deux parties. »
O’Donnell, peu enclin à parler de ses accomplissements, admet néanmoins être fier que la COSA ait obtenu d’importants avantages pour ses membres et conclu plusieurs ententes à long terme avec le WEG.
« On a eu deux ou trois ententes de cinq ans, je pense, puis trois ans la dernière fois, a dit O’Donnell. (L’industrie) devient de plus en plus difficile, c’est certain, alors simplement maintenir une relation avec le (WEG), c’est important. Ça ne sert à rien de se battre contre eux. On ne peut pas gagner. Et à long terme, ils ne sont pas si déraisonnables. »
L’ancien vice-président aux courses à WEG, Jamie Martin, faisait face à O’Donnell et à la COSA à la table de négociation.
« Bill mérite énormément de crédit pour avoir pris l’initiative de créer la COSA à une époque où les gens de chevaux n’avaient pas de représentation sur les pistes de WEG, a déclaré Martin. Je ne pense pas que quiconque d’autre avait le respect des principaux propriétaires et entraîneurs pour mener cela à bien, ni la volonté de s’engager dans cet effort. »
Propriétaire Standardbred de longue date, Bill Manes est administrateur de la COSA depuis environ 12 ans. Selon lui, O’Donnell « porte plusieurs chapeaux et connaît très bien l’industrie. Je pense qu’il reçoit beaucoup de critiques injustifiées de personnes qui ne connaissent peut-être pas aussi bien l’industrie. C’est un bon leader au conseil, il est très accessible et on peut l’appeler en tout temps… C’est un bon gars. »
Manes précise qu’O’Donnell siège également sur plusieurs conseils de l’industrie, dont celui de Ontario Racing, où il représente les gens de chevaux Standardbred. Il fait aussi partie du comité exécutif d’Ontario Racing et du comité d’administration du Standardbred Horse Improvement Program (HIP).
« Il siège probablement sur une demi-douzaine de conseils, au moins, a dit Manes. Tout ce qui touche aux courses, il en fait partie. »
Mais cela appartient à l’histoire récente. Plus de 15 ans après la fin effective de sa carrière régulière dans le sulky, O’Donnell est toujours vénéré comme l’un des plus grands à avoir tenu les guides. Il est aussi considéré comme l’homme qui a changé la donne.
Avant qu’O’Donnell, Campbell et d’autres ne dominent le sport que grâce à leur capacité à faire aller les chevaux très vite, ceux-ci étaient majoritairement conduits par leurs entraîneurs. En 1984, le légendaire Billy Haughton s’est retiré du sulky de Nihilator et a confié les guides à O’Donnell pour la finale du Woodrow Wilson, d’une bourse de 2,1 millions de dollars, à The Meadowlands. O’Donnell a aussitôt conduit Nihilator à la victoire. Compte tenu du prestige de Haughton, de Nihilator et du Woodrow Wilson à l’époque, cet événement est considéré comme le début symbolique de l’ère des conduites de relève, toujours en vigueur aujourd’hui.
Cependant, O’Donnell, l’un des grands raconteurs du sport, croit que l’ère des conducteurs de relève a en réalité commencé un an plus tôt, lorsqu’il a remplacé Haughton et conduit Signed N Sealed à la victoire dans le Kentucky Pacing Derby à Louisville Downs.
« Après la course, (Haughton) se lavait le visage dans les toilettes quand je suis revenu du cercle des vainqueurs, a raconté O’Donnell. Billy Popfinger était là aussi, et ils ne s’entendaient pas très bien. Popfinger a dit à Haughton : “Tu vas ruiner cette industrie en amenant ces conducteurs de relève pour conduire nos chevaux sur le Grand Circuit.” Haughton l’a regardé et a répondu : “L’industrie de qui? Je viens de toucher cinq pour cent (de commission) et je n’ai rien eu à faire.” »
O’Donnell affirme devoir sa carrière au fait d’avoir été au bon endroit au bon moment à quelques tournants clés – l’ère des conducteurs de relève, la saison de 10 millions, etc.
« Ce n’est pas que personne d’autre ne l’aurait fait, mais c’est d’être le premier, a-t-il dit. Il ne peut pas y avoir deux premiers. »
O’Donnell souligne que recevoir un prix portant le nom de la légende Stan Bergstein est extrêmement significatif. Bergstein a occupé de nombreux rôles majeurs dans le trot attelé – animateur télé, annonceur de courses, relationniste, secrétaire de courses, journaliste, fondateur de Harness Tracks of America et des Championnats du monde des conducteurs, entre autres.
« La première fois que j’ai entendu parler de Stan Bergstein, c’était en le regardant à la télévision (à New York), où il faisait beaucoup ma promotion, ce qui m’a beaucoup aidé, a dit O’Donnell. Ensuite, j’ai pu le rencontrer et apprendre à le connaître, et c’était quelqu’un d’authentique. Il adorait vraiment l’industrie, et il était excellent dans ce qu’il faisait. Sa façon de réfléchir à l’industrie était d’un autre niveau. »
Quant à son discours à Orlando, O’Donnell promet qu’il sera bref.
« Quand j’ai vu pour la première fois les finalistes des Dan Patch, je me suis dit : “Pourquoi diable serais-je sur cette liste?” »
« Je suis vraiment abasourdi. Mais chaque fois que votre nom est associé à celui de Stan Bergstein, c’est tout un honneur. »
Texte original (en anglais) : Post-racing career instrumental in O’Donnell earning one of harness racing’s highest honors
