Yves Turcotte nommé récipiendaire du Prix commémoratif Avelino Gomez 2026
À 0h02, le 22 juin 2026 • Par Matthew Lomon, Woodbine/Traduit par Laurent Sauvé
Yves Turcotte, qui a remporté 1 347 victoires au cours de sa carrière de jockey, a été nommé récipiendaire du Prix commémoratif Avelino Gomez 2026.
Ce prestigieux honneur est remis à une personne née au Canada, élevée au Canada ou ayant été un jockey régulier au pays pendant plus de cinq ans, qui a apporté une contribution significative aux courses de pur-sang.
Le prix rend hommage à l’un des compétiteurs les plus talentueux et respectés de ce sport. Né à Cuba, Avelino Gomez est décédé des suites de blessures subies lors d’un accident impliquant trois chevaux dans le Canadian Oaks de 1980.
Afin de souligner son héritage et sa contribution durable aux courses, une statue grandeur nature de Gomez, qui avait fait de Toronto sa ville d’adoption et y avait fondé sa famille, veille aujourd’hui sur le rond de présentation de Woodbine.
Une réplique de cette statue est remise chaque année au lauréat.
« Cela représente énormément pour moi, vraiment, a confié Turcotte. Recevoir le même prix que mon frère Ron a obtenu en 1984 est quelque chose de très spécial. J’aimerais seulement qu’il soit encore vivant pour que nous puissions partager cette distinction ensemble.
« J’ai été complètement surpris. Je n’aurais jamais pensé, même dans cent ans, remporter ce prix. Je suis absolument ravi. »
Issu de la célèbre famille Turcotte, véritable royauté des courses, Yves a développé son attachement au sport et à ses grandes figures, dont Avelino Gomez, grâce à ses frères Ron, Rudy, Roger et Noel.
« J’ai beaucoup entendu parler d’Avelino par Ron, mais je pense que tous mes frères ont couru avec lui, a raconté Yves. Ils disaient tous que c’était un homme remarquable. Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire un mauvais mot à son sujet.
« Il a remporté le Queen’s Plate à quatre reprises et monté des chevaux exceptionnels. Il semblait avoir une personnalité extraordinaire et prendre énormément de plaisir dans son métier. Je suis aux anges de recevoir ce prix. »
La carrière de jockey d’Yves a débuté en 1980.
Le plus jeune des 14 enfants de la famille Turcotte n’avait jamais envisagé suivre les traces de ses frères. Toutefois, après l’accident de Ron en 1978, qui mit tragiquement fin à sa carrière et le laissa paralysé, Yves ressentit le besoin de poursuivre l’héritage familial en selle.
« Je n’ai commencé à monter qu’après la blessure de Ron, a-t-il expliqué. J’ai commencé un peu tard, mais je me suis dit : “Eh bien, il ne peut plus monter. Je vais essayer à sa place.” »
Convaincre son frère, double membre du Temple de la renommée, demanda quelques efforts, même si, selon Yves, « nous nous sommes toujours entraidés ».
« Quand Ron a appris que je voulais aller aux courses, il était à l’hôpital à Toronto. Il m’a demandé : “Alors, tu veux devenir jockey?” J’ai répondu oui. Il m’a demandé si j’étais certain. J’ai dit oui. »
« Ensuite, il a appelé Lucien Laurin pour voir s’il pouvait me trouver un emploi à la ferme. Je ne savais même pas galoper. La dernière fois que j’étais monté à cheval, c’était lorsque j’étais enfant à la maison. »
Les souvenirs de son enfance à Drummond, au Nouveau-Brunswick, prirent alors tout leur sens alors qu’Yves retrouvait ses frères dans le monde des courses.
« Ron m’a envoyé à la ferme. Roger m’a aidé à arriver à l’hippodrome, et il y avait Rudy au Maryland. Rudy et moi travaillions souvent les chevaux ensemble. Il m’emmenait jogger les chevaux et les entraîner. »
« Puis, lorsque je suis arrivé à Toronto en 1982, j’ai demandé à Noel d’être mon agent. Il m’a beaucoup aidé. Je dirais que Rudy m’a probablement le plus aidé, mais tous mes frères ont toujours été là pour moi. »
Cette nouvelle vie contrastait fortement avec les semaines de 60 heures qu’il effectuait auparavant dans le secteur de l’expédition des aliments congelés chez McCain Foods, entreprise fondée au Nouveau-Brunswick.
Au cours de sa carrière de 17 ans, Yves a pris part à plus de 11 100 courses. Il a remporté plusieurs épreuves de stakes, notamment le Canadian Derby (G3) de 1988 avec Elmtex et le Derby de l’Alberta de 1996 avec Letkingo.
Il a ainsi gagné sa place aux côtés de ses frères.
« Je ne dirais pas que j’avais leur talent, mais j’ai toujours travaillé sans relâche, a souligné Yves. Être jockey exige énormément de travail. Il y a beaucoup de choses qui se passent en coulisses. Ce n’était pas facile, mais je suis très fier de ce que j’ai accompli comme jockey et maintenant comme commissaire. »
Une blessure à la tête a forcé Yves à prendre sa retraite en 1999. Toutefois, celui qui est aujourd’hui commissaire à Century Mile Racetrack and Casino, à Edmonton, savait déjà quelle serait la suite de sa carrière.
« Je me suis toujours dit que je ne voulais être ni entraîneur ni agent. Je voulais devenir commissaire. Je le savais déjà cinq ans avant ma retraite. Je me disais : “C’est ce que je veux faire.” Voilà maintenant 17 ans que je suis commissaire, après avoir été jockey pendant 17 ans.
« Pour moi, c’est une grande réussite. »
Alors qu’il s’apprête à recevoir le Prix Avelino Gomez, la liste des anciens lauréats lui rappelle ses débuts comme apprenti en 1982.
« Richard Dos Ramos, Jack Lauzon, Robert Landry, Robert King Jr. : nous étions tous apprentis en 1982. C’était un groupe très relevé. Ils ont tous connu beaucoup de succès. Il y en avait quelques autres qui ne figurent pas sur cette liste, mais tout le monde a réussi à gagner sa vie. »
Pour Yves, cette vie consacrée aux courses est devenue son héritage.
« Je n’ai gagné qu’un peu plus de 1 300 courses, pas comme certains qui en ont remporté 4 000 ou 5 000, mais j’ai consacré toute ma vie aux courses de chevaux et j’en suis fier. Voir mon nom aux côtés de celui de Ron et de tous les autres est tout simplement irréel. »
La cérémonie de remise du Prix commémoratif Avelino Gomez aura lieu le 27 juin à Woodbine.
Texte original (en anglais) : Yves Turcotte named 2026 Avelino Gomez Memorial Award recipient
